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«Le président Azali n’a jamais été un bluffeur, mais plutôt quelqu’un qui dit ce qu’il pense et fait ce qu’il dit»


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 Le président Azali a célébré son premier anniversaire à Ndzuani, avec à la clé la résolution de l’urgence énergétique. Comment se présentent les choses, car il faut non seulement pérenniser, mais il faut également penser à la sécurité permanente de l’énergie ?


Vous faites là allusion à la même chose, c’est à dire la sécurité énergétique. Je vous confirme que cette dernière constitue actuellement et après avoir paré à l’urgence, la préoccupation majeure du chef de l’Etat, à tel point qu’il a déjà donné sans attendre, des instructions fermes pour organiser les assises nationales de l’énergie dans les plus brefs délais.

Celles-ci auront lieu fin juin début juillet de cette année et un consultant international est mobilisé à la demande du chef de l’Etat et est déjà à pied d’œuvre pour appuyer la partie nationale dans l’organisation de ces assises.

L’objectif des assises serait globalement de consolider la situation de référence nationale en matière d’énergie et de mettre à profit dans la durée et de manière rationnelle et harmonisée,  les nombreuses perspectives de développement du secteur qui s’offrent à notre pays.  

Le président a posé la première pierre du nouvel Hôpital El Marouf mais, jusqu’à lors, il se pose le problème de son financement, des partenaires qui nous accompagnent, du mode et de la durée de son remboursement.

Permettez-moi de faire la mise au point suivante: Le président Azali l’a dit à maintes reprises et je le répète à qui veut l’entendre que le nouveau projet d’Hôpital sera financé entièrement sur fonds propres, c’est à dire pas de crédit. 
Ce projet dois-je le rappeler fait partie des promesses de campagne du chef de l’Etat et je ne pense pas qu’il ait besoin de faire du tapage pour que les Comoriens croient à ses capacités à réaliser ses ambitions, le cas des nouvelles centrales électriques acquises pour un coût de huit milliards de nos francs est plus parlant.

Et ceux parmi les compatriotes, qui, après avoir suivi de près, la genèse de ce projet jusqu’à son état d’avancement actuel, continuent à semer le doute sur sa réalisation, même après avoir posé la première pierre, je pense qu’ils doivent faire de l’introspection car ce sont eux qui constituent le vrai problème.

Par ailleurs, je voudrais également insister sur deux choses; d’abord rappeler que le président Azali n’a jamais été un bluffeur, mais plutôt quelqu’un qui dit ce qu’il pense et fait ce qu’il dit sans déterminisme et ensuite préciser et ce sera peut-être pour la énième fois, que lors de son premier mandat, le président Azali avait consacré 40% du budget national pour réaliser ce que tout le monde a su et vu comme investissements.

 

Le président Azali l’a dit à maintes reprises et je le répète à qui veut l’entendre que le nouveau projet d’Hôpital sera financé entièrement sur fonds propres, c’est à dire pas de crédit. 

Cela doit suffire pour comprendre que “L’imagination est plus importante que le savoir”, disait Einstein. Cela voudrait dire que ceux qui n’ont pas pu réaliser leurs promesses ce n’est pas parce qu’ils n’avaient pas nécessairement de savoir mais plutôt parce qu’ils avaient une faible capacité d’imaginer ou pas du tout.

Nous avons constaté que ces projets, Hôpital et Aéroport, n’ont pas d’incidence sur l’emploi, sinon il faut le prouver. Des secteurs pourvoyeurs d’emplois et vecteurs de croissance comme le tourisme, la pêche et l’agriculture ne semblent plus être des priorités, pourquoi ?

Je m’inscris en faux par rapport à toutes vos assertions. D’abord, parce  que les secteurs sociaux sont de grands pourvoyeurs d’emplois et le cas de notre pays en est un des plus flagrants.

S’agissant particulièrement de l’Hôpital et en guise d’illustration, il est conçu pour contenir six cents lits et si l’on considère le ratio classique de, un lit pour trois agents, le calcul simple nous donne un nombre  de mille huit cents empois directs, sans compter les autres emplois directs de hauts cadres ainsi que les emplois indirects liés aux diverses prestations de services externes.

Ce sera une véritable usine, hautement consommatrice de bien et de services.

Et les autres secteurs ?

Pour revenir aux autres secteurs, dont vous faites allusion, je vous renvoie au bilan effectué pour cette première année de mandat, lequel a fourni toutes les précisions sur les avancées enregistrées dans ces secteurs, entre autres, la création de l’Office nationale de la vanille afin de revigorer les filières d’exportations, la négociation aboutie d’un programme de développement agricole avec le Fida qui va démarrer en juillet prochain, la signature de protocole et contrat avec le groupe Vigor pour la construction d’un nouvel Hôtel dans la capitale et l’extension de l’Hôtel Itsandra, la négociation avec d’autres groupes pour la construction de Galawa et Maloudja et enfin la signature d’un contrat pour la construction d’un aéroport international conçu pour générer plus de deux milles emplois directs et indirects.

Et s’agissant de la pêche, le plan de redressement de la société nationale de pêche approuvé lors de la réunion du conseil d’administration, tenue en début d’année à Moroni, permettra de créer plus de mille emplois de façon progressive. Avec toutes ces avancées je ne pense pas que ces secteurs auront à envier celui de la santé.

Le cap de l’émergence est devenu la norme, or on constate que des pratiques de corruption, d’opacité dans les passations des marchés ont la vie dure. Le président a promis de mettre fin à ces pratiques mais on attend toujours, qu’en dites vous ?

Croyez-moi, le président Azali n’a jamais été d’aucune complaisance à l’égard de ce fléau et l’histoire récente est là pour le prouver.

Seulement, je tiens à souligner que les cas de corruption ne sont pas constatés par la rue mais plutôt par la justice.

Et la lutte contre la corruption basée sur la chasse à l’homme n’a jamais été la meilleure méthode et tout le monde en conviendra. Le président Azali l’a vite compris quand il a décidé d’adopter une approche multidimensionnelle intégrant plusieurs réformes à tous les niveaux, systémique, technique, financier, judiciaire et administratif.

Et c’est en combinant de façon intelligente toutes ces options que l’on pourra apporter des solutions durables à ce fléau de corruption.

Sachez que le doublement constaté des recettes douanières n’est pas le résultat d’emprisonnement de personnes mais plutôt de mesures d’assainissement et de redressement administratif et financier ayant permis de minimiser l’effet de la corruption.

Au niveau judiciaire, il ne se passe grand-chose ?

Le chef de l’Etat a initié des réformes profondes au niveau judiciaire pour asseoir des bases solides et l’Union européenne a déjà manifesté son accord  pour soutenir cette initiative.

Je porte également à votre connaissance qu’une campagne d’audit des sociétés d’Etat, établissements publics et services financiers de l’administration est lancée il y a déjà quatre mois et se poursuit en douceur sans aucun tapage car l’objectif est aussi de comprendre en profondeur les vraies causes du mal.

Par ailleurs, une feuille de route pour l’activation de l’Agence de régulation des marchés publics est déjà élaborée avec l’appui de la Bad (Banque africaine de développement) et j’en passe.

Vous conviendrez bien avec moi que la lutte contre la corruption n’est pas aussi élémentaire que l’on pourrait imaginer et que le chef de l’Etat s’y attèle bel et bien sans détour mais de façon objective et rationnelle, surtout que lui même ne cesse de répéter que pour mener à bien ce combat, il faut être capable de détecter  à la fois le corrompu et le corrupteur, ce à quoi personne n’y pense.

Nous avons constaté que de nombreuses sociétés sont en passe d’être mises en place et la plupart sont placées sous votre tutelle. Cette concentration au niveau du Secrétariat au détriment des ministères de tutelle ne risque-t-elle pas de nuire au fonctionnement de ces sociétés ?

Je répondrai par des illustrations en portant à votre connaissance que sur huit structures administratives et sociétés nouvellement créées, une seulement est placée sous tutelle exclusive du Secrétariat général, l’Agence nationale de conception et d’exécution des projets (Anacep) en raison de sa transversalité et une autre, la société nationale d’investissement (Sni), admet la double tutelle du ministère des Finances et du Secrétariat général du gouvernement.

Tout le reste est placé sous la tutelle des ministères compétents. Etant entendu que le Secrétariat général du gouvernement n’est pas ma propriété privée.   

 Le gouvernement mise sur le budget de l’Etat pour concrétiser ses ambitions d’investissement. On constate que près de 40% des objectifs sont atteints au premier trimestre et le budget rectificatif n’est pas annoncé. On attend l’électrochoc de cette loi rectificative ?

40% du budget n’est pas suffisant mais c’est une performance, car d’après les méthodes d’interprétation de données, ce taux s’approche de 50%, c’est à dire que les contraintes vécues sont surmontables.

Il n’en aurait pas été le cas lorsque ce taux atteignait 10 ou 20%. En tout état de cause, le comité de suivi budgétaire mis en place par le ministère des Finances, est déjà interpellé pour réaliser le diagnostic, déceler les anomalies et proposer le budget rectificatif.

Le travail est déjà fait, un projet de budget rectificatif est disponible pour examen et validation aux fins de soumission au vote de l’Assemblée durant la session en cours.

Ce nouveau budget ne s’éloignera pas du budget initial dans le fond, mais il sera plutôt question de conforter le dispositif opérationnel de collecte des recettes.

 Vous avez présenté le bilan d’un an lors de l’anniversaire, quels sont les points forts de ce bilan et quels sont les points faibles à corriger ?

J’avais dit dans mon discours bilan à Bambao que l’acquis majeur de cette première année est tout d’abord moral et consiste  en la capacité du chef de l’Etat, à fédérer les états d’esprit des comoriens mais aussi des partenaires autour d’une vision unique qui est l’émergence des Comores.

Cela n’a pas été évident au vu des polémiques, d’ailleurs compréhensibles, que le concept de l’émergence a suscitées, mais le passage était obligé car le peuple est lassé d’être embarqué dans des  bateaux navigant à vue et sans cap.

Le principal point faible relatif  à corriger reste l’exécution budgétaire, dont l’adéquation avec les ambitions en terme d’investissement n’a pas été suffisamment alignée, mais avec les mesures de redressement suggérées par le comité de suivi budgétaire et les nouvelles dispositions prises par le gouvernement et particulièrement le ministre des Finances, je reste confiant que des avancées notoires seront enregistrées prochainement.

 Après le bilan quelles sont les perspectives ?

Le chef de l’Etat a baptisé l’année écoulée, “année de l’énergie” et celle entamée “année des routes”. Cela veut dire qu’au cours de cette deuxième année de mandat, d’importants travaux d’infrastructures routières seront lancées au niveau des trois îles.

Les services techniques compétents sont d’ores et déjà mobilisés, sur instruction du chef de l’Etat, pour faire le point et actualiser le tableau de bord des infrastructures routières.

Un accent sera accordé aux voiries des capitales, Moroni, Fomboni et Mutsamudu ainsi qu’aux circulaires des trois îles. Mais cela ne veut pas dire qu’on ne fera que des routes car, de toutes les façons, nous disposons d’un plan d’action qui constitue notre document de référence.

Votre dernier mot

L’émergence est bel et bien possible, “Yes we can”.

Source Al-watwan.